Quatuors Belcea & Ébène : Enesco, Mendelssohn

Concert enregistré à la Philharmonie de Paris (Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie) le 23 janvier 2022

Effectif unique en son genre, le quatuor porte en lui tout un univers, et chaque formation a son identité propre. En réunir deux est un exercice délicat : bien rares sont ceux à s’y être risqués. Mendelssohn et Enesco ont relevé le défi avec brio. 


    Composé en 1825, alors que Mendelssohn a tout juste 16 ans, l’Octuor op. 20 tient du prodige. Si l’écriture est indéniablement chambriste, le compositeur affirme déjà une ambition symphonique, qui atteste de sa compréhension du monument beethovénien. Mais le miracle de cette partition, c’est sa verdeur, sa fraîcheur jaillissante, sa verve mélodique – qui en fait un quasi concerto pour violon, tant la partie de premier violon est virtuose. La volubilité de Mendelssohn est ici jubilatoire, de même que sa maîtrise du contrepoint. Enesco est à peine plus âgé (19 ans) lorsqu’il compose le sien, et son énergie, empruntée au folklore roumain, n’a d’égale que son ambition formelle : une vaste forme sonate englobant les quatre mouvements canoniques.