Marteau sans maître. Ensemble intercontemporain - Matthias Pintscher - Salomé Haller - Dimitri Vassilakis - Martin Adamek. Berg, Webern, Boulez

concert enregistré à la Philharmonie de Paris (salle des concerts - Cité de la musique) le 04 septembre 2018

Une Biennale Pierre Boulez n’en serait pas une sans un concert de l’Ensemble intercontemporain. Lequel remonte, avec son directeur musical Matthias Pintscher, aux sources esthétiques de la musique de son fondateur : la seconde École de Vienne.

Pierre Boulez lui-même écrit à propos des pièces de l’Opus 10 de Webern, que « la tonalité n’existe plus ; ce n’est plus elle qui organisera le langage et la structure de l’œuvre. Face aux difficultés nouvellement surgies, Webern s’en tient aux formes extrêmement brèves, où tout est essentiel, d’où est exclue toute répétition, même ce que l’on pourrait appeler les répétitions de timbre.  Des Quatre Pièces op. 5 de Berg, le même Boulez disait également qu’elles relèvent « d’un geste amorcé dont on sent qu’il pourrait se continuer, se diffuser, se multiplier. Telles les amorces dans le Journal de Kafka, ces pièces nous laissent soupçonner des prolongements non exprimés, au-delà de l'écriture réelle, fermée ». L’influence des sériels est omniprésente chez le premier Boulez. Sa Deuxième Sonate pour piano en est un pur produit, tandis que l’emblématique Marteau sans maître rappelle par son esprit autant le Pierrot Lunaire d’Arnold Schönberg que la Deuxième Cantate d’Anton Webern.