Raphaël Pichon et l'ensemble Pygmalion interprètent Bach

concert enregistré à la Philharmonie de Paris (Salle des concerts - Cité de la musique) le 21 novembre 2017

    Au XVIIe siècle, avec la montée en puissance de la Réforme, le thème de la vanité envahit peu à peu les toiles des maîtres, d’abord en Flandre calviniste puis dans l’Europe tout entière. Mais la peinture n’en a pas l’apanage...

    « Nous devons à travers bien des tribulations accéder au royaume de Dieu » - « Moi, misérable humain, qui me délivrera ? » - « Qui sait combien ma fin est proche ! » - « O mon Dieu bien-aimé, quand donc vais-je mourir ? » : les quatre cantates de ce second volet de l’épopée Bach concoctée par Raphaël Pichon et ses musiciens ne traitent que de la brièveté de notre passage dans cette vallée de larmes. On constate du reste que trois d’entre elles ont été composées au début de l’automne : le 3 octobre 1723 pour la BWV 48, le 24 septembre 1724 pour la BWV 8 et le 6 octobre 1726 pour la BWV 27. Une saison idéale pour la contemplation de notre finitude. Mais si la tonalité générale est sombre, Bach veille bien à ne jamais sombrer corps et bien dans la déploration : ça et là, un orgue concertant et fabuleux, un contrepoint entêtant de hautbois d’amour, des cordes enjouées ou un cor solaire éclairent l’ensemble comme une bougie dans un tableau de La Tour.